Agents de voyage > Informations > Saviez-vous que ? > François Belzile : un acteur du développement des croisières au Québec

Saviez-vous que ?

25 septembre 2013

François Belzile : un acteur du développement des croisières au Québec

François Belzile

En cette fin d’été 2013, nous avons eu le plaisir de rencontrer un grand passionné du Québec et très certainement des croisières internationales en la personne de M. François Belzile, directeur des croisières internationales et des projets majeurs à Tourisme Québec. 

  • M. Belzile, depuis quand êtes-vous responsable de la stratégie de développement des croisières pour le Québec? 

Je suis en poste à Tourisme Québec depuis de nombreuses années. En 2007, j’ai saisi une occasion d’élaborer une stratégie pour développer les croisières internationales sur le Saint-Laurent. J’ai par la suite été mandaté pour en assurer la présentation au gouvernement qui annonça, en mai 2008, la mise en œuvre de la Stratégie de développement durable et de promotion des croisières internationales sur le fleuve Saint-Laurent (2008-2013). Dotée d’une enveloppe de 52,5 M$, je suis privilégié de m’en être vu confier la réalisation.

Avec cette stratégie, le gouvernement a donné son appui à des communautés qui, pour la plupart situées en régions éloignées, avaient choisi le tourisme, et plus particulièrement les croisières internationales, comme créneau prioritaire de diversification économique sur leur territoire.

Le développement de six nouveaux ports d’escale en régions éloignées, en soutien à Québec, Montréal et Trois-Rivières, présentait et présente toujours une avenue des plus prometteuses pour créer et maintenir des emplois. Notre intervention visait à doter ces nouvelles escales des infrastructures d’accueil et d’une offre touristique de calibre international qui soient bénéfiques, non seulement aux croisiéristes mais aussi aux autres clientèles touristiques de même qu’aux populations locales et régionales. Bref, les investissements prévus, tant en développement qu’en promotion, visaient le développement durable de ces communautés.

  • Qu’est-ce qui vous a convaincu d’accepter cet important projet?

C’était – et c’est encore aujourd’hui – le défi de réussir, de pouvoir RÉALISER « en pratique » ce qui a été CONÇU « en théorie »… Il ne faut pas négliger le fait que ce dossier était accompagné d’un budget considérable, permettant d’envisager la réussite de ce qui n’était à l’origine qu’un projet.

Dans le fond, à Tourisme Québec, nous avons voulu profiter de la conjoncture favorable d’une industrie en constante croissance au niveau international, pour accompagner et soutenir des communautés motivées qui avaient choisi de développer, en priorité, ce créneau touristique. C’était donc une chance unique de miser sur l’apport de nouvelles devises étrangères pour contribuer à l’essor touristique du Québec et de ses régions, mais pas à n’importe quel prix, d’où l’approche de développement durable retenue.

Un défi de taille mais tellement stimulant… avec aussi les risques que cela comporte, puisqu’on ne contrôle pas l’ensemble des facteurs requis pour réussir. C’est ce défi qui m’intéressait et me stimule toujours au plus haut point… avec en bonus toutes les retombées collatérales sur les communautés, de nature souvent intangible, que je découvre maintenant et que je n’aurais pu imaginer à l’origine. Par exemple, plusieurs expriment avoir découvert, à travers le succès qu’elles connaissent, un sentiment de fierté collective. D’autres y voient, dans les équipements mis en place, des outils au service de leur jeunesse ou, encore, des moyens de diffuser leur culture.

J’y ai vu aussi une occasion de mettre à profit les connaissances et l’expérience que j’ai acquises durant toutes ces années passées au sein du gouvernement du Québec au service de mes concitoyens. Biologiste de formation et né « dans le bas du fleuve » comme on disait quand j’étais jeune, la mise en œuvre de la Stratégie rejoint mes valeurs personnelles. En retour, mon attachement aux régions, et mes relations avec leurs dirigeants et leurs citoyens, me procurent sur le plan personnel un immense plaisir et beaucoup de satisfaction.

  • Parlez-nous de votre implication avec chacune des escales et avec l’Association des Croisières du Saint-Laurent.

Je travaille en collaboration étroite avec chacune des escales ainsi qu’avec l’Association des croisières du Saint-Laurent. Avec le temps, j’ai appris à bien connaître chacune des régions avec leurs forces, leurs faiblesses et leurs complémentarités, et j’ai réussi, je crois, à tisser un solide lien de confiance avec les divers acteurs en place.

J’agis avec les responsables d’escale comme un relayeur de leurs besoins et attentes d’abord auprès de mon organisation, mais aussi au sein de l’ensemble de l’appareil gouvernemental. Je les accompagne, chacun à leur rythme, en les conseillant au meilleur de mes connaissances afin de les aider à se doter des outils et des moyens nécessaires pour concrétiser leur développement. 

Je me plais aujourd’hui à souligner que la Stratégie connaît du succès grâce à la collaboration étroite et soutenue de tous les partenaires impliqués qui ont tout mis en œuvre pour soutenir les projets.

Il ne faudrait surtout pas passer sous silence le partenariat exemplaire avec l’Association des croisières du Saint-Laurent à qui l’on a confié notamment le mandat du démarchage auprès des compagnies de croisières internationales. La performance atteinte depuis à peine 4 ans, alors que l’on a doublé le nombre de croisiéristes ainsi que les dépenses touristiques générées par cette industrie, témoigne de l’efficacité de leurs démarches.

Il résulte de la coordination confiée à Tourisme Québec, une vision éclairée de l’ensemble des besoins, enjeux et interventions requises pour optimiser le développement de la destination Saint-Laurent, vision intégrant autant la dimension gouvernementale que celle de l’industrie. Cette clairvoyance devient rapidement un atout au moment de passer à l’action, ce qui semble apprécié des partenaires.

  • Comment se compare le produit québécois dans l’offre de croisières internationales?

Les infrastructures d’accueil sont en place dans toutes les escales, une offre touristique originale s’y retrouve, des formations continuent d’être déployées à l’ensemble des intervenants pour constituer un réseau d’accueil de qualité hors pair qui sera notre « marque de commerce ». Bref, les éléments sont en place.

Le Saint-Laurent et ses neuf escales possèdent, à n’en pas douter, tous les atouts pour concurrencer les autres destinations de croisières internationales, qu’il s’agisse de ses grandes villes, de ses escales en pleine nature ou encore de l’authenticité et de l’unicité des expériences qu’il a à offrir. Déjà plusieurs escales ont reçu des reconnaissances internationales soulignant l’efficacité lors des embarquements et débarquements (Montréal), la qualité du produit (Québec) et l’accueil incomparable des croisiéristes (Saguenay). Le Saint-Laurent possède une valeur historique indéniable, associée à la recherche du nouveau monde, qui lui confère un pouvoir d’attraction important. De plus, il regorge d’une faune et d’une flore abondantes et diversifiées, de paysages uniques et accessibles, sans oublier les populations qui l’habitent et l’animent, et qui lui confèrent ce caractère si attachant qui fait notre réputation.

Il importera de faire valoir auprès des compagnies les progrès réalisés, leur démontrer qu’il ne s’agit que d’une étape, et leur réitérer que l’engagement du Québec à progresser demeure plus que jamais présent chez tous les acteurs concernés.

  • Comment entrevoyez-vous l’avenir du développement des croisières au Québec à moyen et long termes?

Il ne faut pas se méprendre. La destination du Saint-Laurent est à la fois très jeune et pleine de potentiel. On en est aujourd’hui à une phase que l’on pourrait qualifier de « développement ». Au moment d’initier la stratégie en 2008, on parlait plutôt de « produit en émergence ». Le chemin parcouru en si peu de temps et les résultats obtenus témoignent de l’ampleur et de la pertinence des moyens déployés, de l’efficacité des acteurs à s’en prévaloir et de la cohérence des gestes posés. Il faut maintenant s’assurer de livrer la marchandise promise aux clients.

C’est dans cette perspective, avec le Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020, que le gouvernement s’est engagé à accompagner les escales jusqu’en mars 2016. Il veut par ce geste s’assurer qu’elles auront tous les outils nécessaires pour prendre en charge et poursuivre les efforts déployés à ce jour.

  • A votre avis, quels sont les plus importants atouts du Québec pour les croisiéristes et pour les compagnies de croisières ?

Comme je l’évoquais précédemment, les Québécois sont réputés pour leur accueil chaleureux et authentique. Or le contact avec les populations locales fait partie des aspects les plus appréciés des croisiéristes.

Les dirigeants d’escales doivent donc s’assurer de conscientiser leurs communautés à l’importance de bien connaître leurs particularités de façon à ce qu’elles puissent partager ce patrimoine avec leurs visiteurs. Ces derniers sont avides de connaître les façons de vivre authentiques de la population et la richesse du territoire qu’ils occupent. Se faire raconter des anecdotes sur le quotidien par des Québécois constitue souvent l’expérience la plus intense et la plus mémorable vécue par les touristes étrangers en visite chez nous. Tous ces aspects sont déterminants pour la qualité de l’expérience que vivront les croisiéristes, et pour leur propension à revenir pour un plus long séjour.

Par ailleurs, pour ce qui est des compagnies de croisières, l’écoute attentive de leurs besoins et la capacité que nous avons démontrée d’y donner suite, par le biais des investissements réalisés et des gestes posés à ce jour, sont autant d’atouts qui assoient la crédibilité du Saint-Laurent et témoignent de notre capacité à relever des défis.

Nous avons reçu un très beau témoignage de la part de Mr Stein Kruse, président de Holland America Line, qui a expliqué quelques-unes des raisons qui ont motivé sa décision d’ajouter des navires de croisières au Québec, et ce, pour une première fois en saison estivale. Il a résumé ainsi les atouts de la destination  : « L’accueil légendaire des Québécois, l’authenticité du produit et ses beautés naturelles, conjugués à la grande détermination des gouvernements, des communautés et des escales pour développer une offre et une organisation répondant aux exigences des compagnies de croisières internationales, contribuent à bâtir une relation de confiance bénéfique à la destination et à l’industrie des croisières ». Difficile de trouver meilleur encouragement pour continuer de se surpasser.

  • Si vous aviez à convaincre un client d’opter pour une croisière sur le Saint-Laurent pour ses prochaines vacances, quels arguments utiliseriez-vous ?

J’inviterais les gens à suivre les traces de Jacques Cartier et des grands navigateurs, à s’émouvoir, comme nous le laissent savourer leurs récits de voyages, de l’immensité, de la beauté et de la richesse des lieux et des peuples qu’ils ont découverts en pénétrant cette voie navigable au cœur de l’écoumène québécois. Je les inviterais à venir se frotter à la chaleur humaine de ces Québécois bien ancrés dans la modernité du 21e siècle et de leurs succès à l’international, à la fois fiers de leur histoire et de leur culture unique au monde. Je les inviterais enfin à s’imprégner de notre tradition culinaire, et à savourer nos produits du terroir à travers notre gastronomie dont la réputation n’est plus à faire.

Je crois que ce sont des arguments bien convaincants qui donnent envie de choisir le Saint-Laurent pour une prochaine croisière. Je vous remercie beaucoup, M. Belzile, d’avoir partagé avec nos lecteurs votre passion pour les croisières et le Québec.

 

M'inscrire Abonnez-vous afin de recevoir le bulletin de l’ACSL.
© Association des croisières du Saint-Laurent 2012 - 2019 Québec Original Développement économique Canada