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Saviez-vous que ?

1 octobre 2014

Rencontre avec un pilote du Saint-Laurent

Simon Lebrun

Pour nous parler de sa passion des croisières, nous avons rencontré une personne qui a la chance de naviguer régulièrement sur le Saint-Laurent,  il s’agit du pilote maritime, Simon Lebrun. En plus de faire partie de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent, M. Lebrun est également président de Héritage Maritime Canada, un organisme dont l’objectif est de promouvoir le patrimoine maritime auprès de la population en créant des activités, des événements et des attraits liés à la vie maritime, aquatique et nautique.

  • Pour débuter, expliquez-nous en quoi consiste le travail de pilote maritime du Saint-Laurent:

La Corporation des pilotes du Saint-Laurent compte une centaine de pilotes qui ont la charge d’assurer la conduite des navires pour les amener de manière sécuritaire d’un point spécifique à un autre.  Annuellement, l’équipe de pilotes assure environ 5000 déplacements entre Québec et Montréal pour tout type de navires, que ce soit des vraquiers, navires de croisières ou porte-conteneurs. Pour ma part, je suis l’un de ceux qui sont responsables des déplacements entre Trois-Rivières et Montréal. Notre travail consiste à mettre notre connaissance de la navigation sur le Saint-Laurent au service du navire.  Une fois montés à bord, toujours en équipe de deux pilotes, nous prenons la charge de la conduite du navire et nous transmettons le cap à suivre au timonier. C'est ce dernier qui tient la barre et qui agit selon nos directives. Grâce à notre formation, nous pouvons dicter les manœuvres à effectuer selon le navire et les conditions en cours sur le Saint-Laurent. 

Fait particulier à noter, il arrive fréquemment que nous ayons à embarquer à bord d’un navire alors qu’il est en mouvement.  Pour ce faire, nous utilisons petite embarcation pouvant naviguer à vive allure afin de nous rendre jusqu’au navire qui doit alors ralentir sa vitesse.  Une fois, le navire et la navette à la même vitesse, l’équipe de pilotes doit emprunter une échelle de corde déployée par le navire pour y accéder. L’échange entre les équipes de pilotes doit se faire très rapidement car le navire est toujours en marche. Nous devons donc démontrer une grande précision afin de faire un statut sur la situation en cours et transmettre les informations essentielles à la poursuite du voyage.

  • Depuis quand travaillez-vous dans un poste relié à l’industrie maritime et des croisières ?

Je travaille dans l’industrie depuis mes années comme officier de navigation de Royal Caribbean International de 2001-2006 et cela fait maintenant 8 ans que j’agis comme pilote maritime sur le fleuve Saint-Laurent.

  • Quel a été votre cheminement professionnel?

Après mes études en navigation, j’ai travaillé sur des pétroliers avant de débuter dans le monde des croisières avec Royal Caribbean International pour enchainer par la suite avec la Corporation des pilotes du Saint-Laurent comme pilote.

  • Qu’est-ce qui vous fascine dans votre métier et vous fait plaisir dans votre travail?

Le pilote est un maillon d’une chaine de transport efficace et je suis fier d’en faire partie. Les pilotes sont un peu les « ambassadeurs » du fleuve auprès des équipages et il me fait toujours plaisir de faire découvrir le fleuve à ceux-ci lorsqu’ils arrivent pour une première fois.  Mon métier m’oblige à réaliser les manœuvres de navigation qui comptent le plus de défis, soit l’ancrage, l’accostage et l’entrée dans des écluses. Bien que le trajet emprunté soit le même, les conditions changent selon le navire, l’équipage, la météo, ce qui fait que j’y vois constamment un renouveau.

  • Quels sont les principaux défis du Saint-Laurent pour la navigation ?

Le Saint-Laurent, tout comme plusieurs autres endroits de navigation dans le monde, comporte de bons défis, notamment en raison de sa largeur et de sa profondeur.  Toutes les manœuvres doivent être adaptées en fonction de la taille du navire, de sa surface et de son tirant d’air. 

La circulation sur le Saint-Laurent est de plus en plus importante, il faut donc s’assurer de mener chacun des navires en toute sécurité et en douceur à sa destination.  Bien sûr, la navigation en hiver est bien différente et comporte encore plus de risques en raison de la visibilité souvent réduite, de la glace et de la neige.

  • Quels sont les atouts du Saint-Laurent pour les croisiéristes ?

Le Saint-Laurent propose une belle diversité de paysages et d’ambiance entre les escales situées au cœur de la nature et celles situées en milieu urbain.  Je considère qu’il est exceptionnel de pouvoir se déplacer en quelques jours seulement du superbe fjord du Saguenay et sa pleine nature vers des villes comme Québec, riche en histoire et Montréal, bouillonnante d’activités.

  • Comment entrevoyez-vous le potentiel de développement du Saint-Laurent ?

Je suis persuadé que les croisières hivernales ont un avenir au Québec.  Bien sûr, il faut un navire pouvant répondre aux exigences spécifiques de l’hiver et cela existe ! Les paysages d’hiver, qui font penser à ceux lunaires, sont certainement attirants pour les croisiéristes en quête d’aventures. 

D’autre part, nous recevons de plus en plus fréquemment la visite de navires de croisières de petit gabarit tel le nouveau Saint-Laurent qui nous visitera dès 2015. Ces navires permettent aux clients d’explorer des secteurs très intéressants souvent moins inaccessibles aux plus grands navires.  Je pense notamment à la Réserve mondiale de biosphère du Lac-Saint-Pierre, à proximité de Trois-Rivières qui offre une diversité au niveau de la faune et de la flore assez incroyable.  Il existe tout un éventail de trésors cachés entre les Iles de la Madeleine et Montréal qui ne demande qu’à être découverts et visités par les passagers des croisières.  Je crois sincèrement que de nouveaux itinéraires verront le jour au cours des prochaines années et que nous recevrons de plus en plus de navires petits et grands sur le Saint-Laurent.

  • Avez-vous déjà participé à une croisière ?  

J’ai fait plusieurs croisières dans le secteur du Bas-Saint-Laurent et du golfe du Saint-Laurent avec des arrêts à l’archipel des Iles de Mingan, à l’île d’Anticosti et aux Iles de la Madeleine.  A chaque fois, j’ai eu l’impression de vivre des moments privilégiés et j’ai été impressionné de constater l’accueil chaleureux réservé aux croisiéristes par l’ensemble de la population dans les endroits visités. 

  • Qu’espérez-vous pour la prochaine année pour les croisiéristes qui découvriront le Saint-Laurent ?

Je souhaite que nous puissions collectivement offrir une expérience mémorable aux passagers et que ceux-ci, charmés, auront envie de découvrir plus et voudront revenir sur le fleuve pour d’autres croisières sur d’autres navires ou sur un itinéraire un peu différent.  Nous pourrons ainsi faire découvrir notre Saint-Laurent sur toutes ses facettes à encore plus de visiteurs!


 

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